
Tutoriel
- Montrer les coulisses : Détailler les étapes de fabrication pour valoriser le savoir-faire
- Visites organisées : Créneaux définis, médiateurs, démonstrations concrètes
- Témoignages humains : Collaborateurs et alternants partagent leur métier
- Mesurer l’impact : Satisfaction, candidatures, visibilité médiatique
- Partenariats écoles : Interventions, stages, salons pour attirer les jeunes
L’exemple de Longchamp avec la BPI
Lors de la dernière édition du Tour de France de nos industries organisée par BpiFrance, Longchamp a ouvert les portes de son site de production à Ernée (Mayenne). Plus d’une centaine de collégiens et lycéens ont découvert, avec des yeux émerveillés, les coulisses de la confection des sacs emblématiques de cette maison familiale. Cet événement s’inscrit dans une véritable révolution du partage des techniques artisanales, illustrant – pour reprendre un vieil adage – que « ce qui brille ne se crée pas en un claquement de doigts ». Une invitation sincère à réinventer la tradition.
Dans cet article Manukeo nous examinons comment, à l’instar de Longchamp, certaines PME pourraient tirer parti d’initiatives audacieuses pour mettre en valeur leur patrimoine industriel auprès des nouvelles générations.

Comprendre les étapes clés de la fabrication pour mieux transmettre
Longchamp adopte un procédé méthodique pour confectionner des sacs d’une qualité indéniable. Cette méthode insiste sur un contrôle rigoureux des matières, un assemblage précis et une finition impeccable – autant d’éléments garantissant la durabilité des produits. L’ambition est d’établir un environnement où le passage des savoirs – du tannage du cuir à la découpe des pièces – se réalise avec clarté et méthode :
- Analyse et préparation du cuir : le tannage transforme la peau en cuir, suivi d’un contrôle attentif de qualité et de souplesse.
- Découpe et assemblage : chaque pièce est ajustée avec minutie, tenant compte de ses dimensions et de ses caractéristiques spécifiques.
- Finitions : vérification rigoureuse des coutures et intégration de détails (bandoulières, fermoirs), conférant aux produits un esthétisme raffiné.
Pour d’autres PME, décortiquer et exposer chaque étape de leur chaîne de production de façon limpide peut jouer un rôle déterminant dans la mise en valeur des métiers industriels. Il s’agit d’insister sur ce qui rend leur fabrication singulière – qu’il s’agisse d’une recette secrète, d’une technique exceptionnelle ou d’un contrôle qualité d’une rigueur inédite.
Structurer la visite pour stimuler l’engagement des jeunes
Organiser un circuit soigneusement pensé dans l’usine apparaît comme un levier de taille pour donner vie aux savoir-faire techniques. Longchamp, par exemple, fixe des créneaux horaires précis (11h30, 15h00 et 17h00) afin de rythmer la journée et de répartir intelligemment les groupes. Un médiateur expérimenté, investi de la mission de rendre le discours accessible, assure la clarté des explications et répond directement aux questions.
Pour renforcer l’impact pédagogique, les entreprises pourraient :
- Alterner habilement démonstrations concrètes et échanges en petit comité.
- Illustrer avec des exemples précis chaque poste – par exemple, comparer le passage du prototypage à la production en série à la transformation d’une esquisse en tableau abouti.
- Réserver un temps dédié aux questions pour dissiper les zones d’ombre sur les pratiques professionnelles.
Si l’on en juge, cette approche montre nettement comment la transmission des techniques s’inscrit dans le quotidien des opérateurs, tout en offrant aux visiteurs une vision tangible des métiers industriels auxquels ils pourraient un jour prétendre.
Mettre en lumière les expertises et préparer la relève
Au-delà d’un parcours de visite soigné, il importe de valoriser les compétences internes. La présence de responsables de site, tel Clarisse Goyet, ou d’alternants dynamiques comme Maelys, humanise le récit et donne une dimension authentique aux savoirs partagés. Par exemple, un modéliste – artisan à l’origine des prototypes – peut démontrer de façon concrète l’importance de son rôle avant le lancement de la production. Ce contact direct aide à décrypter la technicité et les enjeux économiques qui se cachent derrière les métiers industriels.
Pour aller plus loin, les PME pourraient :
- Initier des collaborations avec des écoles de design ou d’ingénierie et créer des ponts entre le monde académique et la pratique professionnelle.
- Mettre en place des programmes d’apprentissage ou de mentorat axés sur l’expérience concrète plutôt que sur la théorie.
- Participer activement à des forums spécialisés afin de présenter leurs innovations techniques.
Renforcer l’image de marque et l’engagement sociétal
Au-delà de l’enthousiasme des visiteurs, ouvrir ses installations traduit une volonté farouche d’intégrer un projet social et environnemental. Longchamp, par cet acte, ne se contente pas d’améliorer sa notoriété : il se positionne comme un acteur engagé, plein de panache, dans l’intérêt collectif. Pour jauger l’impact réel de ces initiatives, des indicateurs précis peuvent être suivis :
- Le taux de satisfaction des jeunes après la visite, mesuré par des retours détaillés.
- L’augmentation des candidatures pour des stages ou des alternances issues de la région.
- La couverture médiatique locale et les retours enthousiastes des acteurs du territoire.
Ces outils de mesure permettent d’affiner ou d’étendre la démarche de transmission à une échelle plus large, régionale voire nationale.
Établir des synergies avec les établissements scolaires
Pour étendre ces initiatives à l’ensemble du secteur industriel, la coopération avec collèges, lycées et universités représente un levier indispensable. Des programmes conçus avec soin – journées de découverte en entreprise, ateliers pratiques sur le terrain – peuvent ponctuer l’année scolaire. L’objectif est d’éveiller la curiosité des jeunes tout en soulignant l’importance d’une solide qualification technique.
Pour une PME, les premiers pas pourraient consister à :
- Réaliser des interventions en classe animées par des professionnels aguerris.
- Participer à des salons dédiés à l’emploi ou à l’apprentissage pour se faire connaître.
- Organiser des stages d’observation qui déclenchent l’étincelle d’une vocation.
Ce qu’il faut retenir :
- La transmission du savoir-faire industriel repose sur une présentation détaillée des processus de production, ce qui stimule l’intérêt des jeunes pour les métiers industriels.
- Un circuit de visite structuré et éducatif favorise le dialogue entre professionnels et visiteurs, rendant l’expérience à la fois percutante et immersive.
- La mise en avant des expertises internes, via des témoignages directs de collaborateurs expérimentés ou d’alternants, prépare intelligemment la relève.
- Les retombées de cette démarche s’inscrivent dans une stratégie de responsabilité sociétale concrète et améliorent l’image de marque de l’entreprise.
- La collaboration étroite avec les établissements scolaires multiplie les occasions de contact direct avec la réalité industrielle et ouvre de nouvelles perspectives d’avenir.